Témoignage de tes 6 enfants

Publié le par Bibiche

C’est une lourde tâche que d’essayer de retracer la vie mouvementée de notre père. Il a écrit plus de 500 pages dans son livre pour nous la faire partager. Alors en parler et faire la même démarche en quelques minutes ne sera pas  une tâche facile.

Tu es né le 2 juin 1920 à HALANZY en Belgique.

Ton père  officier militaire de carrière t’a inculqué très tôt les valeurs essentielles dans la vie d’un homme, le respect des valeurs humaines et celles de ton pays.  

Tu as perdu très tôt ta maman et, éduqué dans un milieu « très militaire », tu  rêvais aux exploits de tes idoles de l’aéronautique. Très vite tu as choisi de passer ta vie à voler, tu as décidé après un premier baptême de  l’air, « Je serais pilote », ce qui à fait réagir ton père qui disait que d’avoir un « manche à balais entre les mains » n’était pas un métier.  

A 18 ans tu t’es engagé dans l’Armée de l’Air, un an après c’était la guerre et tu fus pilote de bombardier à défaut d’être chasseur, car à ce moment là, on t’avait jugé inapte à la voltige.

Pendant cette première période, tu t’es trouvé dans des circonstances de combat qui t’ont valu une première citation.

Démobilisé, tu choisis la résistance avec un double rôle, celui d’être inspecteur de Police à Lyon et celui d’appartenir à un réseau résistance, celui du « Groupe Milan ».

Tes actions citées en références, comme celle associée à l’extraction de la kommandantur de Lyon d’un prisonnier destiné au peloton d’exécution, et qui t’as conduit à entrer dans la clandestinité jusqu’à la libération, t’ont values les honneurs. 

Après tu as eu le choix d’une vie civile ou militaire. Tu  as choisi de reprendre ta carrière de pilote laissée de côté trop longtemps pour toi. 

Avec une audace reconnue plus tard par tes supérieurs, tu as menti aux autorités en te targuant d’une qualification de chasseur. Très vite tes qualités de pilote ont effacé ce mensonge et tu es reconnu, en sortie de stages de remise à niveau, comme un excellent chasseur et voltigeur aux qualités prometteuses.  

Tu choisis de rejoindre les hommes et les femmes qui se battent en Extrême Orient où sur l’avion mythique le  « Spitfire » tu t’illustres dans plus de 100 missions de guerre, dont un épisode dramatique seulement 15 jours après ton arrivée où tu te crashes dans la jungle infestée « d’éléments hostiles » terme utilisé dans le jargon des pilotes. T’extrayant gravement blessé de ton Spitt en miette, tu te caches dans un buisson rapidement cerné par le « Vietminh » parti à ta recherche. 

Grâce à ton sang froid et à ta légendaire baraka tu as été extrait par un commando de la marine nationale venu te libérer. Tu continuas pourtant pendant  18 mois a enchaîner des missions toutes aussi périeuses les une que les autres.

De retour d’Indochine, tu participes à diverses opérations en Europe sur P47, autre avion Mythique pour tous les passionnés d’aviation.

Dès 1950, tu rejoins la patrouille d’Etampes, première patrouille de France où tu commences à goûter aux joies des meetings aériens, et à l’excitation de faire partager ton plaisir d’exécuter toutes les figures les plus osées à très basse altitude.

Tu étais tellement collé aux autres avions que tes équipiers t’appelaient le « Morpion ».

 A partir de cette période, tu cours de meetings en meetings pour représenter la France , ton pays. Ta carrière militaire continu sur jet et tu deviens ainsi un des premiers pilotes français sur réacteur, sur l’avion américain, le Teebird T33, sans oublier la voltige que tu gardais au fond de ton cœur comme étant la meilleur façon de voler.

Tu continues ainsi à saisir toutes les occasions de dérouler les figures de programme de plus en  plus audacieuses devant des foules de spectateurs.

En 1954 tu décides de quitter l’armée de l’air et de te consacrer à ta vraie passion la voltige. Tu orientes ta carrière afin de participer à tous les meetings aériens possibles et compétitions mondiales dans lesquels tu t’illustres en tant que l’un des meilleurs pilotes mondiaux. Tu en feras plus de 1000.

Compter bien, cela fait sur 40 ans quasiment 1 week-end sur 2 à s’exprimer devant un public toujours impressionné par ton audace.

Tu continuas néanmoins à former des quantités de pilotes qui se souviennent toujours de toi comme l’instructeur de leur vie d’aviateur. Certains étaient célèbres comme Jacques Brel, Marcel Amont, Jean-loup Chrétien, d’autres moins mais dont tu étais aussi fier sinon plus, j’en citerai un qui était une référence pour toi, un jeune adolescent qui dépensait jusqu’à son dernier sou pour voler. Après sa période militaire dans le transport, il est devenu à force de ténacité un commandant de bord de notre compagnie nationale, tu te reconnais Georges, n’est-ce pas ?

Mais ta plus grande fierté a été la remise du Macaron de Chasseur à ton fils Lionel lors d’une cérémonie militaire où en grande tenue, bardée de plus de décorations que tous les officiers réunis, tu as accroché sur la poitrine de ton fils les ailes des passionnés du ciel. Le salut militaire échangé entre un père et son fils a du gonfler ton cœur d’une fierté immense.

Tu as représenté la France sur toute la planète, de  la Russie aux Etats Unis, du Canada à l’Afrique et à l’Océanie. Tu as « pirouetté » dans tous les cieux à bord des Stampe, cap 10, Pitts, Zlin et tant d’autres avions de voltiges partageant ta passion qui font de toi un pilier de l’histoire des ailes françaises.

Etablit à Cannes des 1968, tu as travaillé à former de nombreux pilotes acrobatiques. Tu crées quelques années plus tard ta propre école internationale de voltige aérienne  « l’ EIVA »  grâce à l’aide d’amis fidèles, Thérèse, Jean Paul et tant d’autres…

C’est le 4 juin 1997, à 77 ans, que tu t’alignes sur la piste 18 de l’aéroport de Cannes Mandelieu pour ton dernier atterrissage de retour d’une séance de voltige sur l’axe de Saint Cassien. Tu consignes alors les ultimes minutes de tes 60 ans d’une vie d’aviateur hors du commun.

Tu totalises plus de 20 000 heures de vol, (imaginer : pour un pilote de ligne c’est déjà beaucoup), mais pour toi c’est plus de 200 types d’avions pilotés,  plus de 10 000 heures rien que de voltige, plus de 600 heures sur jets,  ce sont des kyrielles de record dont celui du nombre d’heures maximum sur le même type d’avion, le cap 10 et aussi une vingtaine d’avions cassés mais ça nous le dirons pas trop fort !

C’est une vie remplie d’honneurs dont la légion d’honneur , celle reçu au péril de ta vie, c’est la médaille de l’aéronautique, la croix de guerre avec palmes, celui d’officier de l’ordre national du mérite et tant d’autres que nous n’avons pas le temps d’énumérer.

Mais c’est aussi le dernier honneur que tous ces amis fidèles ici présent te font pour  t’accompagner dans ton dernier vol.

Tu as bien fait ta check list, un peu de gaz, lancé le moteur, Marcel, tu peux maintenant t’aligner, manettes à fond et prends ton dernier envol !

Et la haut si parfois on voit des anges au paradis des aviateurs enchaîner des « lomslovaques et des retournements » cela ne nous étonnera pas car tu continues à partager la passion de ta vie, accroché au bout de ton hélice, celle de dessiner ces courbes et pirouettes qui restent autant de signatures  dans le cœur de tant de pilotes dont certain sont ici présents. 

 

 

   

 

 

  Papa

 Tu nous as permis de naître,  c’est ton plus beau cadeau.

 Dés notre plus jeune âge, tu nous a donné notre baptême de l’air.

 On a grandi à travers ta passion sur des terrains d’aviation.

 On a joué dans tes avions à se prendre pour des pilotes et des co-pilotes.

 Nos premières ballades à bicyclette, on les a faites sur des pistes d’aéroclub.

 On t’a admiré dans le ciel à évoluer dangereusement avec ton avion, tu nous faisais trembler à chacun de tes passages au ras des pâquerettes. Mais qu’est ce qu’on était fier de toi et de dire autour de nous « c’est notre Papa ».

 Tu partais parfois de longs moments parcourir le monde pour former de futurs pilotes. Ton absence était pesante, mais à chacun de tes retours, par des soirées inoubliables, nous t’écoutions attentivement, assis tout autour de toi, nous raconter tes aventures, illustrées de films et de photos.

 Tu ne manquais jamais de nous rapporter à chacun un petit cadeau de tous ces pays que tu visitais avec tant de plaisir.

 Tu nous as laissé un musée de souvenirs, que nous conserverons à nous six,  précieusement tout au long de notre vie et que nous transmettrons à tes petits-enfants qui eux les transmettront respectueusement et avec soins aux générations futures de notre si grande famille.

 Ton livre est pour nous tous,  un grand réconfort et nous te remercions de l’avoir écrit. A chaque moment de peine que nous ressentirons, c’est en ouvrant les pages de ta vie que nous pourrons t’entendre parler et apaiser notre tristesse.

 Tu es un « Grand Homme » Papa

 Et déjà tu nous manques à tous. Ta disparition nous a procuré une déchirure intense, un grand vide c’est abattu autour de nous. C’est un pilier de notre vie qui s’est effondré, mais ne t’inquiète pas, Papa, nous le maintiendrons debout, pour Maman, que tu aimes et qui t’aime si fort que rien au monde ne pourra détruire cet Amour. Nous sommes tous, notre Papa, très fière de toi et de tous ce que tu as pu faire durant toute ta vie.

 Part tranquille Papa, nous prendrons soin de Maman

 Et sache que nous t’aimons tous d’un amour infini.

 Yann, Lionel, Bruno, Didier, Jean-Christophe et Marie-Laure

 Tes enfants adorés

  

 

 

   Notre petit Papouch,

  Nous sommes tous réunis aujourd’hui pour te dire à quel point nous t’aimons, que ta présence nous manques et qu’elle nous manquera à jamais.

 Nous sommes tous très fier de toi pour tout ce que tu as accompli et pour tout ce que tu nous a apportés.

 Ton livre restera pour nous tous un des  plus beaux souvenirs et le cadeau le plus précieux que tu nous ais fait.

 Ta carrière professionnelle a été une aussi belle réussite que ta vie familiale.

 On se souviendra de la cabane que tu nous as soigneusement repeinte, de tes nombreuses attentions de tous les instants, de ta patience lorsque nous occupions ton bureau, de tes commentaires laissés sur le télé 7 jours et nous n’oublierons pas de refermer la porte derrière nous pour ne pas chauffer le quartier.

 « Commandant Marcel CHAROLLAIS dans l’armée et commandant Papouch pour nous tous. »

 Notre plus grand regret est de ne pas t’avoir dit a quel point nous t’aimons et nous t’aimerons toute notre vie.

 On te fait la promesse de prendre soin de ta petite Manouk que tu aimais tant.

 Aujourd’hui tu déploies tes ailes et prends ton dernier envole « pour l’amour du ciel. »

Tes 15 petits enfants

 

 

  Loïc, Vincent, Cédric, Benoît, Florianne, Jennifer, Aurélie, Elodie, Jérémy, Aurore, Mélanie, Stéphanie, Tanguy, Virginie, Claire.

 

 

 

 

 

Publié dans charollais.marcel

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